:P ...BRASSENS...les femmes...les copains...les mots...les photos...

...Bon sang... :!: que c'est bon de relire et de partager tout ça...!

../.. inconditionnelle du Poète de Sète... merci cher Bonami...et tous...
:P
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Misogynie à part, le sage avait raison : 
il y a les emmerdant's, on en trouve à foison, 
En foule elles se pressent. 


Il y a les emmerdeus's, un peu plus raffiné's, 
Et puis, très nettement au-dessus du panier, 
Y'a les emmerderesses.


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La mienne, à elle seul', sur tout's surenchérit, 
Ell' relève à la fois des trois catégori's, 
Véritable prodige, 

Emmerdante, emmerdeuse, emmerderesse itou, 
Elle passe, ell' dépasse, elle surpasse tout, 
Ell' m'emmerde, vous dis-je.

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Mon Dieu, pardonnez-moi ces propos bien amers, 
Ell' m'emmerde, ell' m'emmerde, ell' m'emmerde, ell' m'emmer- 
de, elle abuse, elle attige. 
Ell' m'emmerde et j' regrett' mes bell's amours avec 
La p'tite enfant d' Mari que m'a soufflé' l'évêque, 


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Ell' m'emmerde, vous dis-je.
Ell' m'emmerde, ell' m'emmerde, et m'oblige à me cu- 
rer les ongles avant de confirmer son cul, 
Or, c'est pas callipyge.
 
Et la charité seul' pouss' sa main résigné' 
Vers ce cul rabat-joi', conique, renfrogné, 
Ell' m'emmerde, vous dis-je.
Ell' m'emmerde, ell' m'emmerde, je le répète et quand 
Ell' me tape sur le ventre, elle garde ses gants, 
Et ça me désoblige. 

Outre que ça dénote un grand manque de tact, 
Ca n' favorise pas tellement le contact, 
Ell' m'emmerde, vous dis-je.

Ell' m'emmerde, ell' m'emmerd' , quand je tombe à genoux 
Pour cetain's dévotions qui sont bien de chez nous 
Et qui donn'nt le vertige, 
Croyant l'heure venu' de chanter le credo, 
Elle m'ouvre tout grand son missel sur le dos, 

Ell' m'emmerde, vous dis-je.
Ell' m'emmerde, ell' m'emmerde, à la fornication 
Ell' s'emmerde, ell' s'emmerde avec ostentation, 
Ell' s'emmerde, vous dis-je. 

Au lieu de s'écrier : "Encor ! Hardi ! Hardi !" 
Ell' déclam' du Claudel, du Claudel, j'ai bien dit, 
Alors ça, ça me fige.
Ell' m'emmerde, ell' m'emmerd', j'admets que ce Claudel 

Soit un homm' de génie, un poète immortel, 
J' reconnais son prestige, 

timbre france 1968 - 1552 - Portrait effigie de Paul Claudel (1868-1955), ecrivain dramaturge et essayiste, Jeanne au bucher, pour le centenaire de sa naissance - Serie celebrites.jpg


Mais qu'on aille chercher dedans son oeuvre pie, 
Un aphrodisiaque, non, ça, c'est d' l'utopie ! 
Ell' m'emmerde, vous dis-je.



Misogynie à part

https://www.youtube.com/watch?v=CVaUBBH3KZ0



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Comme toujours parfait. Une seule question, Brassens passerai-t-il sur les ondes aujourd'hui. Je n'en suis pas sûre. Au plaisir de lire la suite.
Marie :
Brassens, Desproges, Vian, ne pourraient pas se faire connaître aujourd’hui , en ces temps de frilosité où officiellement la « censure » est abolie, mais où « l’auto censure » des maisons de disques, salles de concerts etc. s’est installée.
Le public timoré et docile, à qui l’on a appris à marcher « droit », sournoisement mais efficacement, n’en redemande pas (de la contestation)…
« Les temps sont difficiles » ….(Ferré)



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Bécassine

Un champ de blé prenait racine
Sous la coiffe de Bécassine,
Ceux qui cherchaient la toison d'or
Ailleurs avaient bigrement tort.

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Tous les seigneurs du voisinage,
Les gros bonnets, grands personnages,
Rêvaient de joindre à leur blason
Une boucle de sa toison.
Un champ de blé prenait racine
Sous la coiffe de Bécassine.

C'est une espèce de robin,
N'ayant pas l'ombre d'un lopin,
Qu'elle laissa pendre, vainqueur,
Au bout de ses accroche-cœurs.

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C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Des blés d'or en toute saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.

Au fond des yeux de Bécassine
Deux pervenches prenaient racine,
Si belles que Sémiramis
Ne s'en est jamais bien remis'.
Et les grands noms à majuscules,
Les Cupidons à particules
Auraient cédé tous leurs acquêts
En échange de ce bouquet.
Au fond des yeux de Bécassine
Deux pervenches prenaient racine.

C'est une espèce de gredin,
N'ayant pas l'ombre d'un jardin,
Un soupirant de rien du tout
Qui lui fit faire les yeux doux.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Des fleurs bleu's en toute saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.

A sa bouche, deux belles guignes,
Deux cerises tout à fait dignes,
Tout à fait dignes du panier
De madame de Sévigné.
Les hobereaux, les gentillâtres,
Tombés tous fous d'elle, idolâtres,
Auraient bien mis leur bourse à plat
Pour s'offrir ces deux guignes-là,
Tout à fait dignes du panier
De madame de Sévigné.

C'est une espèce d'étranger,
N'ayant pas l'ombre d'un verger,
Qui fit s'ouvrir, qui étrenna
Ses joli's lèvres incarnat.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Du temps des ceris's en tout' saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.

C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Du temps des ceris's en tout' saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.


Bécassine (live à Bobino, 1969)


https://www.youtube.com/watch?v=uBGU0GXoYAI




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SATURNE

Il est morne, il est taciturne, 
Il préside aux choses du temps, 
Il porte un joli nom, "Saturne", 
Mais c'est un dieu fort inquiétant.

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En allant son chemin morose, 
Pour se désennuyer un peu, 
Il joue à bousculer les roses, 
Le temps tu' le temps comme il peut.
Cette saison, c'est toi, ma belle, 
Qui as fait les frais de son jeu, 
Toi qui a payé la gabelle, 
Un grain de sel dans tes cheveux.


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C'est pas vilain, les fleurs d'automne, 
Et tous les poètes l'ont dit. 
Je te regarde et je te donne 
Mon billet qu'ils n'ont pas menti.
Viens encor', viens ma favorite, 
Descendons ensemble au jardin,

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Viens effeuiller la marguerite 
De l'été de la Saint-Martin.

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Je sais par cœur toutes tes grâces 
Et, pour me les faire oublier, 
Il faudra que Saturne en fasse 
Des tours d'horlog' de sablier ! 
Et la petit' pisseus' d'en face 
Peut bien aller se rhabiller.


Saturne
https://www.youtube.com/watch?v=Apx-DYw-Zf0




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El fotógrafo brasileño Marcos Alberti




Quatre-vingt-quinze pour cent


https://www.youtube.com/watch?v=61klageOn-4







La femme qui possède tout en elle
Pour donner le goût des fêtes charnelles,
La femme qui suscite en nous tant de passion brutale,
La femme est avant tout sentimentale .
Mais dans la main les longues promenades,
Les fleurs, les billets doux, les sérénades,
Les crimes, les foli's que pour ses beaux yeux l'on commet,
La transporte, mais...

Refrain

Quatre-vingt-quinze fois sur cent,
La femme s'emmerde en baisant .
Qu'elle le taise ou le confesse
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses .
Les pauvres bougres convaincus
Du contraire sont des cocus .
A l'heure de l'oeuvre de chair
Elle est souvent triste, peuchèr !
S'il n'entend le cœur qui bat,
Le corps non plus ne bronche pas .

Sauf quand elle aime un homme avec tendresse,
Toujours sensible alors à ses caresses,
Toujour bien disposé', toujours encline à s'émouvoir,
Ell' s'emmerd' sans s'en apercevoir .

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Ou quand elle a des besoins tyranniques,
Qu'elle souffre de nymphmani' chronique,
C'est ell' qui fait alors passer à ses adorateurs
De fichus quart d'heure .

Les "encore", les "c'est bon", les "continue"
Qu'ell' cri' pour simuler qu'ell' monte aux nues,
C'est pure charité, les soupir des anges ne sont
En général que de pieux menson(ges) .
C'est à seule fin que sont partenaire
Se croie un amant extraordinaire,
Que le coq imbécile et prétentieux perché dessus
Ne soit pas déçu .

J'entends aller de bon train les commentaires
De ceux qui font des châteaux à Cythère :
"C'est parce que tu n'es qu'un malhabile, un maladroit,
Qu'elle conserve toujours son sang-froid ."
Peut-être, mais les assauts vous pèsent
De ces petits m'as-tu-vu-quand-je-baise,
Mesdam's, en vous laissant manger le plaisir sur le dos,
Chantez in petto...



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Merci, merci. La question, à lire ou à écouter, je ne sais plus ! Enfin, les deux .
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LE GORILLE



C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on ;
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement, ma mère
M'a défendu d’ nommer ici.
Gare au gorille !...

Tout à coup la prison bien close
Où vivait le bel animal
S'ouvre, on n' sait pourquoi (je suppose
Qu'on avait dû la fermer mal) ;
Le singe, en sortant de sa cage,
Dit : "C'est aujourd'hui que j'le perds !"
Il parlait de son pucelage,
Vous aviez deviné, j'espère !
Gare au gorille !...




L'patron de la ménagerie
Criait, éperdu : "Nom de nom !
C'est assommant, car le gorille
N'a jamais connu de guenon !"
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau,
Au lieu de profiter de la chance,
Elle fit feu des deux fuseaux !
Gare au gorille !...

Celles là même qui, naguère,
Le couvaient d'un œil décidé,
Fuirent, prouvant qu'ell’s n'avaient guère
De la suite dans les idé’s ;
D'autant plus vaine était leur crainte,
Que le gorille est un luron
Supérieur à l'homm’ dans l'étreinte,
Bien des femmes vous le diront !


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Gare au gorille !...


Tout le monde se précipite
Hors d'atteinte du singe en rut,
Sauf une vieille décrépite
Et un jeune juge en bois brut.

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Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat !
Gare au gorille !...

"Bah ! soupirait la centenaire,
Qu'on pût encor me désirer,
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré !" ;


Le juge pensait, impassible :
"Qu'on me prenn’ pour une guenon,
C'est complètement impossible..."
La suite lui prouva que non !
Gare au gorille !...

Supposez que l'un de vous puisse être,
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux ?
Qu'une alternative pareille,
Un de ces quatre jours, m'échoie,
C'est, j'en suis convaincu, la vieille
Qui sera l'objet de mon choix !
Gare au gorille !...

Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût ni par l'esprit.



Lors, au lieu d'opter pour la vieille,
Comme l'aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis !
Gare au gorille !...


La suite serait délectable,
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c'est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu ;
Car le juge, au moment suprême,
Criait : "Maman !", pleurait beaucoup,


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Comme l'homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou.


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Gare au gorille !...




Le Gorille :



https://www.youtube.com/watch?v=QSAzyMceCOA




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Je me régale !
Merci BONAMI !!! :D
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C'était l'oncle Martin, c'était l'oncle Gaston
L'un aimait les Tommies, l'autre aimait les Teutons


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Chacun, pour ses amis, tous les deux ils sont morts
Moi, qui n'aimais personne, eh bien ! je vis encor

Maintenant, chers tontons, que les temps ont coulé
Que vos veuves de guerre ont enfin convolé
Que l'on a requinqué, dans le ciel de Verdun


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Les étoiles ternies du maréchal Pétain



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Maintenant que vos controverses se sont tues
Qu'on s'est bien partagé les cordes des pendus
Maintenant que John Bull nous boude, maintenant
Que c'en est fini des querelles d'Allemand


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Que vos fill's et vos fils vont, la main dans la main
Faire l'amour ensemble et l'Europ' de demain



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Qu'ils se soucient de vos batailles presque autant
Que l'on se souciait des guerres de Cent Ans



On peut vous l'avouer, maintenant, chers tontons
Vous l'ami les Tommies, vous l'ami des Teutons
Que, de vos vérités, vos contrevérités
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité

De vos épurations, vos collaborations
Vos abominations et vos désolations
De vos plats de choucroute et vos tasses de thé
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité

En dépit de ces souvenirs qu'on commémor'
Des flammes qu'on ranime aux monuments aux Morts
Des vainqueurs, des vaincus, des autres et de vous
Révérence parler, tout le monde s'en fout

La vie, comme dit l'autre, a repris tous ses droits
Elles ne font plus beaucoup d'ombre, vos deux croix
Et, petit à petit, vous voilà devenus
L'Arc de Triomphe en moins, des soldats inconnus

Maintenant, j'en suis sûr, chers malheureux tontons
Vous, l'ami des Tommies, vous, l'ami des Teutons
Si vous aviez vécu, si vous étiez ici
C'est vous qui chanteriez la chanson que voici

Chanteriez, en trinquant ensemble à vos santés
Qu'il est fou de perdre la vie pour des idées
Des idées comme ça, qui viennent et qui font
Trois petits tours, trois petits morts, et puis s'en vont

Qu'aucune idée sur terre est digne d'un trépas
Qu'il faut laisser ce rôle à ceux qui n'en ont pas
Que prendre, sur-le-champ, l'ennemi comme il vient
C'est de la bouillie pour les chats et pour les chiens

Qu'au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi
Mieux vaut attendre un peu qu'on le change en ami
Mieux vaut tourner sept fois sa crosse dans la main
Mieux vaut toujours remettre une salve à demain

Que les seuls généraux qu'on doit suivre aux talons
Ce sont les généraux des p'tits soldats de plomb

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Ainsi, chanteriez-vous tous les deux en suivant
Malbrough qui va-t-en guerre au pays des enfants

O vous, qui prenez aujourd'hui la clé des cieux
Vous, les heureux coquins qui, ce soir, verrez Dieu
Quand vous rencontrerez mes deux oncles, là-bas
Offrez-leur de ma part ces "Ne m'oubliez pas"

Ces deux myosotis fleuris dans mon jardin
Un p'tit forget me not pour mon oncle Martin
Un p'tit vergiss mein nicht pour mon oncle Gaston
Pauvre ami des Tommies, pauvre ami des Teutons...



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Les deux oncles ...
https://www.youtube.com/watch?v=0LqZUl8Cqdk



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Georges Brassens - ´La ballade des gens...´

https://www.youtube.com/watch?v=WscVYSu-O2w



Margaux
C'est marrant on ne trouve pas cette chanson dans l'espace de Sète dédié à Georges Brassens haha.




C'est vrai qu'ils sont plaisants, tous ces petits villages, 

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Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités 
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages, 
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est d'être habités. 


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Et c'est d'être habités par des gens qui regardent 
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts, 



La race des chauvins, des porteurs de cocardes, 
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part, 


Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part. 
Maudits soient ces enfants de leur mère patrie 
Empalés une fois pour tout's sur leur clocher, 
Qui vous montrent leurs tours, leurs musé’s, leur mairie, 
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher. 
Qu'ils sortent de Paris, ou de Rome, ou de Sète, 
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar, 
Ou même de Montcuq, ils s'en flattent mazette, 


Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part, 
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part. 
Le sable dans lequel, douillettes, leurs autruches 
Enfouissent la tête, on trouve pas plus fin, 

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Quant à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches, 
Leurs bulles de savon, c'est du souffle divin. 
Et, petit à petit, les voilà qui se montent 
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par 
Leurs chevaux, même en bois, rend jaloux tout le monde, 
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part, 
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part. 
C'est pas un lieu commun celui de leur naissance, 
Ils plaignent de tout coeur les pauvres malchanceux, 
Les petits maladroits qui n'eur’nt pas la présence, 
La présence d'esprit de voir le jour chez eux. 
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire, 
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares, 


Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre, 
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part, 
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part. 


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Mon dieu, qu'il ferait bon sur la terre des hommes 
Si on n'y rencontrait cette race incongru’, 
Cette race importune et qui partout foisonne : 
La race des gens du terroir, des gens du cru. 
Que la vi’ serait belle en toutes circonstances 
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards, 
Preuve, peut-être bien, de votre inexistence : 



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Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part, 
Les imbécil’s heureux qui sont nés quelque part.







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Bancs publics


Les gens qui voient de travers 
Pensent que les bancs verts 
Qu'on voit sur les trottoirs 
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents. 
Mais c'est une absurdité, 
Car, à la vérité, 
Ils sont là, c'est notoire 
Pour accueillir quelque temps les amours débutants. 

Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics, 
Bancs publics, bancs publics, 
En s'foutant pas mal du regard oblique 
Des passants honnêtes, 
Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics, 
Bancs publics, bancs publics, 
En s'disant des "Je t'aime'" pathétiques, 
Ont des p'tits gueules bien sympathiques! 



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Ils se tiennent par la main, 
Parlent du lendemain, 

Du papier bleu d'azur 
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher... 
Ils se voient déjà, doucement, 
Elle cousant, lui fumant, 
Dans un bien-être sûr, 
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé... 


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Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics, 
Bancs publics, bancs publics, 
En s'foutant pas mal du regard oblique 
Des passants honnêtes, 
Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics, 
Bancs publics, bancs publics, 
En s'disant des "Je t'aime'" pathétiques, 
Ont des p'tits gueules bien sympathiques! 

Quand la saint' famille Machin 
Croise sur son chemin 
Deux de ces malappris, 
Elle décoche hardiment des propos venimeux... 
N'empêche que toute la famille 
(Le père, la mère, la fille, le fils, le Saint-Esprit...) 
Voudrait bien, de temps en temps, 
Pouvoir s'conduire comme eux. 


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Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics, 
Bancs publics, bancs publics, 
En s'foutant pas mal du regard oblique 
Des passants honnêtes, 
Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics, 
Bancs publics, bancs publics, 
En s'disant des "Je t'aime'" pathétiques, 
Ont des p'tits gueules bien sympathiques! 

Quand les mois auront passé, 
Quand seront apaisés 
Leurs beaux rêves flambants, 
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds, 
Ils s'apercevront, émus, 
Qu'c'est au hasard des rues, 
Sur un d'ces fameux bancs, 
Qu'ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour... 


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Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics, 
Bancs publics, bancs publics, 
En s'foutant pas mal du regard oblique 
Des passants honnêtes, 
Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics, 
Bancs publics, bancs publics, 
En s'disant des "Je t'aime'" pathétiques, 
Ont des p'tits gueules bien sympathiques!





Les amoureux des bancs publics

https://www.youtube.com/watch?v=eztSYUFUe8I





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TONTON NESTOR

Tonton Nestor
Vous eûtes tort
Je vous le dis tout net
Vous avez mis
La zizanie

Aux noces de Jeannett'
Je vous l'avoue
Tonton, vous vous
Comportâtes comme un

Mufle achevé
Rustre fieffé
Un homme du commun


dubuffet.jpg

homme du commun par Jean Dubuffet



Quand la fiancée
Les yeux baissés
Des larmes pleins les cils
S'apprêtait à
Dire "Oui da !"

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A l'officier civil
Qu'est-c'qui vous prit
Vieux malappris

D'aller, sans retenue
Faire un pinçon
Cruel en son
Eminence charnue


Tonton Nestor.jpg



Se retournant
Incontinent
Ell' souffleta, flic-flac
L'garçon d'honneur
Qui, par bonheur
Avait un' tête à claqu'

Mais au lieu du
"Oui" attendu
Ell' s'écria : "Maman"

Et l'mair' lui dit
"Non, mon petit
Ce n'est pas le moment"

Quand la fiancée
Les yeux baissés
D'une voix solennell'
S'apprêtait à
Dire "Oui da !"
Par-devant l'Eternel

Voila mechef
Que, derechef
Vous osâtes porter
Votre fichue
Patte crochue
Sur sa rotondité



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Se retournant
Incontinent
Elle moucha le nez
D'un enfant d'ch?ur
Qui, par bonheur
Etait enchifrené
Mais au lieu du
"Oui" attendu
De sa pauvre voix lass'
Au tonsuré
Désemparé
Elle a dit "Merde", hélas

Quoiqu'elle usât
Qu'elle abusât
Du droit d'être fessue
En la pinçant
Mauvais plaisant
Vous nous avez déçus
Aussi, ma foi
La prochain' fois
Qu'on mariera Jeannett'
On s'pass'ra d'vous
Tonton, je vous
Je vous le dit tout net



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Georges Brassens - Tonton Nestor (Live 1961)

https://www.youtube.com/watch?v=WfRETFuHLKY




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Si Le Bon Dieu L'avait Voulu


Si le Bon Dieu l'avait voulu - lanturlurette, lanturlu, - j'aurais connu la
Cléopâtre, et je ne t'aurais pas connue. J'aurais connu la Cléopâtre,

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et je ne t'aurais pas connue. Sans ton amour que j'idolâtre, las !
que fussé-je devenu ?

Si le Bon Dieu l'avait voulu, j'aurais connu la Messaline, Agnès, Odette



3 Odette.JPG

(Odette Michu)




et Mélusine,


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(Mélusine Desbois)


et je ne t'aurais pas connue.
J'aurais connu la Pompadour,



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(Mme de Ponponpidou)


Noémi, Sarah, Rebecca, la Fille du Royal Tambour, et la Mogador et Clara.

Mais le Bon Dieu n'a pas voulu que je connaisse leurs amours, je t'ai
connue, tu m'as connu - gloire à Dieu au plus haut des nues !




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Concept naïf ?


- Las !
que fussé-je devenu sans toi la nuit, sans toi le jour ? Je t'ai connue,
tu m'as connu - gloire à Dieu au plus haut des nues !






Si le bon dieu l'avait voulu (Poème de Paul Fort)

https://www.youtube.com/watch?v=U1OAJn3pdFU






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Le Pornographe


Autrefois, quand j'étais marmot 
J'avais la phobie des gros mots 
Et si j'pensais " merde " tout bas 
Je ne le disais pas 
Mais 
Aujourd'hui que mon gagne-pain 
C'est d'parler comme un turlupin 
Je n'pense plus " merde ", pardi 
Mais je le dis 

J'suis l'pornographe 
Du phonographe 
Le polisson 
De la chanson
 



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Afin d'amuser la gal'rie 
Je crache des gauloiseries 
Des pleines bouches de mots crus 
Tout à fait incongrus 
Mais 


En m'retrouvant seul sous mon toit 
Dans ma psyché j'me montre au doigt 
Et m'crie: " Va t'faire, homme incorrec' 
Voir par les Grecs " 


J'suis l'pornographe 
Du phonographe 
Le polisson 
De la chanson 

Tous les sam'dis j'vais à confess' 
M'accuser d'avoir parlé d'fess's 

Et j'promets ferme au marabout 
De les mettre tabou 
Mais 
Craignant, si je n'en parle plus 
D'finir à l'Armée du Salut 
Je r'mets bientôt sur le tapis 
Les fesses impies 



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J'suis l'pornographe 
Du phonographe 
Le polisson 
De la chanson 

Ma femme est, soit dit en passant 
D'un naturel concupiscent 
Qui l'incite à se coucher nue 
Sous le premier ven
Mais 
M'est-il permis, soyons sincèr's 
D'en parler au café-concert 
Sans dire qu'elle a, suraigu 
Le feu au cul ? 

J'suis l'pornographe 
Du phonographe 
Le polisson 
De la chanson 

J'aurais sans doute du bonheur 
Et peut-être la Croix d'Honneur 
A chanter avec décorum 
L'amour qui mène à Rom' 
Mais 

Mon ang' m'a dit : " Turlututu 
Chanter l'amour t'est défendu 
S'il n'éclôt pas sur le destin 
D'une putain " 

J'suis l'pornographe 
Du phonographe 
Le polisson 
De la chanson 

Et quand j'entonne, guilleret 
A un patron de cabaret 
Une adorable bucolique 
Il est mélancolique 
Et 
Me dit, la voix noyée de pleurs 
" S'il vous plaît de chanter les fleurs 
Qu'ell's poussent au moins rue Blondel 
Dans un bordel " 

J'suis l'pornographe 
Du phonographe 
Le polisson 
De la chanson 

Chaque soir avant le dîner 
A mon balcon mettant le nez 
Je contemple les bonnes gens 
Dans le soleil couchant 
Mais 
N'me d'mandez pas d'chanter ça, si 
Vous redoutez d'entendre ici 
Que j'aime à voir, de mon balcon 
Passer les cons 

J'suis l'pornographe 
Du phonographe 
Le polisson 
De la chanson 

Les bonnes âmes d'ici bas 
Comptent ferme qu'à mon trépas 
Satan va venir embrocher 
Ce mort mal embouché 
Mais 
Mais veuille le grand manitou 
Pour qui le mot n'est rien du tout 
Admettre en sa Jérusalem 
A l'heure blême 

Le pornographe 
Du phonographe 

Le polisson 
De la chanson





Le Pornographe


https://www.youtube.com/watch?v=tBe0p13cPxk







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