L'égoïsme, un défaut positif

L'égoïsme, un défaut positif

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Généralement, l’égoïsme a mauvaise presse. Il est défini par le Larousse comme étant « un attachement excessif porté à soi-même et ses intérêts, au mépris des intérêts des autres ». En revanche, l’égoïsme « positif », appelé encore l’égoïsme « assumé » s’avère être sain.  Savoir refuser une situation qui ne nous convient pas au lieu de l’accepter pour faire plaisir à notre entourage, susciter de l’admiration ou encore se conformer à ce que veut la société, c’est ça l’égoïsme positif. Il semble pourtant qu’il ne soit pas si simple à mettre en pratique. Quels sont les freins et quelle stratégie adopter pour y parvenir ? Nous allons tenter de répondre à ces deux questions dans cet article.

 

Pourquoi est-ce si difficile de s’écouter ?

Josef Kirschner, journaliste et auteur de « L’art d’être égoïste »  explique que « nous nous satisfaisons trop souvent de compensations ou de justifications parce que nous n’avons pas le courage d’accomplir nos rêves. Notre paralysie vient le plus souvent du fait que nous consacrons trop de notre énergie à nous forger un alibi au lieu de la consacrer à agir. Il faut assumer seul cette responsabilité, inutile de toujours vouloir déléguer à d’autres et d´essayer de se trouver un bouc émissaire ». Ainsi pour défendre notre droit au bonheur, il faut faire preuve de détermination et d’imagination.

Cependant, les aléas de la vie font que les demandes d’autrui prennent parfois le dessus. Prenons un exemple :  un couple de retraités. Le mari fait un AVC et se retrouve hémiplégique. Sa femme s’occupe de lui à 80%. Elle se plaint d’épuisement, est au bord du burn-out mais refuse de s’accorder du repos pour se ressourcer.  Pour quelles raisons réprime-t-elle ses besoins ? Éprouve-t-elle un sentiment de culpabilité ? A-t-elle peur du qu’en dira -t-on ? Ou aime-t-elle son mari si fort qu’elle refuse de penser à elle ?  Bref, certaines circonstances peuvent entraver notre quête du bien-être. 

 

Réagir et assumer ses responsabilités

Avant de se sentir envahi par la frustration, il faut réagir. Se libérer du regard des autres : apprendre à identifier ses désirs et à mieux défendre ses propres intérêts. Dire à une personne qu’on préfère ne plus la voir pendant un certain temps car on a besoin de prendre de la distance, ce n’est pas de l´égoïsme mais un besoin vital. Notre entourage ne cherche pas forcément à comprendre quels sont nos besoins réels et les conditions nécessaires à notre bien-être et font parfois passer – inconsciemment ou pas – leurs besoins avant les nôtres.  Résultat : ces personnes qui pensent vouloir notre bien se révèlent plutôt toxiques que thérapeutiques, pompent notre énergie et finissent par nuire à notre santé. Il importe alors de poser des limites, de dégager du temps et des espaces pour nous, de se retrouver seul, de faire des choix, d’apprendre à dire non aux demandes incessantes – que ce soit de ses enfants, parents, amis ou conjoints – et surtout d’assumer. Par ailleurs, il faut se poser les bonnes questions. Fait-on réellement ce qui nous rend heureux ou plutôt ce que nous impose la société et/ou notre entourage ? Est-ce bon et gratifiant pour nous ?  Est-ce que d’aider l’autre nous procure de la bonne humeur et du plaisir ? Être égoïste, c’est savoir être réaliste et savoir renoncer. Certains évitent d’ailleurs d’y réfléchir par peur de l’échec.

 

Être égoïste et transmettre son bonheur aux autres

On ne peut pas transmettre de la joie et de la bonne humeur aux autres si nous-mêmes, nous sommes tristes, frustrés et énervés. En étant égoïste, nos relations avec les autres vont s'améliorer et s'enrichir. Car en réalisant nos désirs, on n’infligera pas son insatisfaction à son entourage. « Charité bien ordonnée commence par soi-même ! », comme le dit le proverbe. Se sacrifier pour quelqu’un finira forcément un jour par une grande frustration, au risque de détériorer une relation car on rejettera la responsabilité de notre mal-être. Pourtant, on pourra tenir pour responsable que nous-même : en passant outre nos propres besoins et désirs, nous finirons par rendre tout le monde malheureux, nous les premiers ! Si on apprend à définir ses buts et ce qui nous rend heureux, nous pourrons plus facilement guider les autres dans leurs démarches vers leur accomplissement personnel.

Celui qui réalise ses désirs n’est pas « mauvais », au contraire il veut être heureux et en étant heureux, il rendra également heureux les gens qui l’entourent. Autrement dit, savoir dire non, prendre du temps pour soi, prendre des décisions et les assumer vous rendra plus épanoui et par conséquent plus agréable pour votre entourage.

 

Que pensez-vous de ce thème ? Vos expériences nous intéressent.

 

Photo © Fotolia – BirgitKorber 

 

 

Betty_Nelly, 01.02.2018