Harlem, pépite new-yorkaise

Harlem, pépite new-yorkaise

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Les skylines de Manhattan, la statut de la Liberté, l´Empire State Building, Times Square, le Mémorial du 11. Sept... il y a tant d’ « incontournables » à New York ! Nous avons cependant choisi de nous concentrer dans cet article sur un quartier de Manhattan qui se situe au nord de l’île : Harlem. Après plusieurs décennies de crise et de délabrement, Harlem se transforme aujourd'hui en un quartier dynamique et attrayant. Le mélange de cultures de ses habitants, en majorité des afro-américains et des hispaniques, fait la particularité de ce quartier. Que ce soit pour  la Jazz Music, les chants gospel, le Street Art ou son brassage culturel et social, Harlem, vaut vraiment le détour. Petit aperçu.

 

Une référence en matière de Jazz

Les Clubs de Jazz font florès dans ce quartier. Les nombreux musiciens qui animent ces soirées marchent clairement sur les traces de Duke Ellington ou Billie Holiday. On peut assister à des concerts quasi « privés » comme dans une petite maison de Harlem, nommée Bill’s Place. Ici rien d’extravagant, juste de la bonne musique dans un cadre très intimiste et cosy. La 125ème Street, la rue commerçante par excellence de Harlem, est également la rue où se situe le mythique Apollo Theater. Cette salle de spectacle fait partie du National Register of Historic Places (Registre National des Lieux Historiques). Après une période de déclin dans les années 70, ce n’est que dans les années 80 que l’Apollo Theater retrouve ses lettres de noblesse grâce à la reprise de l'Amateur Night, sorte de radio crochet où le public fait office de jury. Depuis, chaque mercredi à partir du mois de février, des anonymes se produisent dans l'espoir de marcher sur les traces de légendes nées ici, telles que Ella Fitzgerald, Aretha Frankin, James Brown, Diana Ross, Michael Jackson… Bref Harlem est un quartier idéal pour les mélomanes.

 

Le gospel

Les esclaves noirs totalement désocialisés devaient réinventer des liens communautaires et se créer des biens non matériels tels que la prière, la spiritualité, ou la musique à travers des chants de travail. Ils sont à l'origine des negro spirituals qui apparurent au 18ème siècle en lien avec l'émergence des églises noires puis des gospel hymns qui se développèrent au 19ème siècle. C’est sans conteste dans le quartier de Harlem que le gospel « vit ». Les messes résonnent chaque dimanche matin de chants qui prennent vraiment aux tripes. En vieil anglais, Godspell signifie « appel de Dieu ». Peine, douleur, espoir, valeurs humaines  jaillissent des paroles et de la musique Gospel. Le touriste ne doit pas oublier qu’il s’agit avant tout d’une cérémonie religieuse et qu’il est impératif de respecter certaines règles : d’abord on vous place (en général les blancs sont assis sur les bancs du fond), ensuite pas de photos (sauf accord préalable) et enfin, mieux vaut éviter de quitter la messe avant la fin, même si celle-ci peut durer 3 heures.

 

L’art de la rue à Harlem et Bushwick (Brooklyn)

Les cours de récréation d’une école d’East Harlem ont été le siège de réunions d’ados désireux de laisser leur trace sur des murs. Ce lieu de rassemblement privilégié depuis les années 1970 est devenu, grâce à l’artiste Ray Rodriguez, le Graffiti Hall of Fame, ou « temple de la renommée ». Ainsi s’y succèdent, depuis près de quarante ans, graffeurs locaux et street artists internationaux qui s’engagent à respecter le slogan du temple : Kings and better, soit « les rois, et mieux encore ». Depuis, d’autres fresques sont nées, notamment sur un grand classique de l’aménagement de l’espace public de cette partie de la ville : les terrains de basket. Il importe de se perdre dans Harlem et de découvrir au détour d’une rue ou d’un immeuble ces œuvres éclatantes de couleurs, qui ravivent des façades un peu tristounettes.

A Brooklyn, le quartier de Burschwick est entièrement dédié à l’art de la rue. Fondé en 2012, le Bushwick Collective invite chaque année des dizaines d’artistes locaux et internationaux à investir les multiples murs du quartier dédiés au projet. Les œuvres apparaissent régulièrement tout au long de l’année pour une durée maximale de douze mois.

 

Gentrification de Harlem

Depuis la fin du 20ème siècle, Harlem a connu d'importants changements, à la fois dans sa structure sociale, dans ses conditions de vie mais aussi dans son paysage urbain. Sa composition ethnique a également évolué avec l'arrivée de résidents blancs. La très bonne liaison en métro vers le centre et le sud de Manhattan, des loyers moins élevés qu'ailleurs furent autant d'atouts qui contribuèrent à cette gentrification (embourgeoisement). Les rénovations des brownstones (maisons construites en grès rouge) ont été réalisées dans plusieurs quartiers et financées par des fonds privés ou publics. De nouveaux commerces ont désormais pignon sur rue, comme le Whole Food Market qui a supplanté les petites échoppes, et est avant tout fréquenté par les bobos du quartier. Harlem l'Authentique, la reine de la culture noire, serait-elle en voie de disparition? On peut heureusement toujours trouver des commerces et restaurants authentiques et déguster par exemple de la soul food, une cuisine associée aux traditions culinaires afro-américaines du sud des États-Unis avec des plats chauds et froids sous la forme de buffet.

 

Avez-vous déjà visité New York ou envisagez-vous d’y aller un jour ?  Connaissez-vous le quartier de Harlem ? Vos expériences nous intéressent !

 

 

Photo © Adobe – Auteur : StefanoT 

Betty_Nelly, 06.02.2020

AMELIE97
3 | 10.02.2020 04:24

Bon alors cette pépite, ça vient ? Mes ami/e/s l'article de Betty-Nelly est tout de même incitatif. Moi, mon premier com, à côté de la plaque comme il m'arrive souvent, a dû être relégué aux oubliettes mais il ne se peut pas que d'autres aient subi le même mauvais sort.
Le sortilège de Harlem, on peut tout de même en parler. Ce mythe vous parle ??? Si vous restez dans le terre à terre, il se peut que personne n'ait été séduit. Mais si vous faites appel au chant, au swing, à l'Histoire, à toutes les évocations de la souffrance, de l'exubérance, de la musique et du rythme définitivement imposés dans nos répertoires classiques, des grands noms qui ont marqué le XXème, ya de quoi dire... Un petit effort...

AMELIE97
1 | 08.02.2020 14:23

Bonjour je connais New York, dont Brooklyn mais beaucoup moins Harlem. J'ai adoré New-York et cependant j'avais choisi d'y aller au moment ou Manhattan martyre avait perdu ses tours jumelles et nous avions choisi l'hôtel et les fenêtres donnant sur le "trou". Nous y avons donc vécu des sentiments très contrastés, ressenti encore la terreur présente quand le chauffeur du bus ne s'arrêtait pas à notre arrêt, quand le sourire était impossible dans toute évocation de la tragédie... Mais aussi que de chaleur humaine par ailleurs, que d'émoi, que de contrastes... Oui, on se sentait bien citoyens du monde dans New-York . Je suis revenue ensuite à New-York, je n'ai plus habité le même quartier ; rené de ses cendres et reconstruit et revisité il m'a alors laissé le sentiment d'admiration et de reconnaissance extrêmes comme un mémorial cité-soldat qui nous dit que plus rien n'est comme avant mais que tous les après sont nouvelle sensibilité d'un apprentissage historique.
Sans avoir séjourné à Harlem, je me dis que le pacte street-artiste , que le partage du gospel, l'âme et l'esprit de ce quartier, relèvent d'une même volonté de cohésion humaine pour l'éternel
"I have a dream"...