Eloge de la paresse

Eloge de la paresse

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En cette période de confinement où nos activités diverses et variées sont restreintes et à la veille des nombreux jours fériés du mois de mai, nous vous proposons de lire ou relire un article publié en 2016  sur le thème de la paresse.

Bonne lecture et bon farniente !;-)

 

 

On assimile souvent la paresse à quelque chose de néfaste, de négatif qu'il faut combattre coûte que coûte. Or, cette dernière a bien des vertus ! Larousse la définit comme une répulsion de l'effort et un goût pour l'oisiveté. Et c'est assez bien résumé, la paresse est cet état dans lequel tout semble futile et insurmontable. On a alors la sensation d'être littéralement aimanté à son lit, son fauteuil ou son canapé. Cet état vous paralyse et vous empêche de vaquer à vos tâches.

 

La paresse est partout

Inutile de chercher, vous la trouverez tout autour de vous. Observez votre chat ou chien passivement étendu de tout son long sur le canapé, rien ne pourrait l'y déloger. Sauf un plat de croquettes. Mais ensuite, repu,  il se reposera à nouveau ! La paresse n'est pas le propre de l'homme, elle l'est tout autant pour l'animal et se retrouve dans la culture et les arts. Impossible de passer à côté à partir du moment où on y fait attention. Pourtant la paresse peut être bien plus que cet état de lassitude. Thomas d'Aquin la qualifie comme le repos propice à la réflexion et à l'introspection. Mais bien vite, le repos du corps se mèle au repos de l'esprit. L'Eglise condamne la paresse et la qualifie de pêché. Et cette image poursuit la plupart d’entre nous.

 

Le meilleur moyen de produire simplement

Ce que beaucoup ignorent, c'est que la paresse peut être féconde. Bien sûr, nous ne chercherons pas des excuses à Gaston Lagaffe, mais nous ne pouvons qu'approuver le fait que la paresse peut amener à de grandes choses. Pourquoi cela ? L'énergie est habituellement déployée dans l'intégralité du corps humain. En reposant le corps, on réveille l'esprit, qui peut alors se mettre à fonctionner à 100 %. C'est souvent dans cet état de léthargie corporelle que naissent les plus brillantes idées. Ceux qui ont des artistes autour d’eux, savent que ce n’est souvent qu’au cours de longues périodes de gestation – lesquelles ressemblant  beaucoup à des accès de paresse, que la création est engendrée. Mais faisons la différence : Il y a plusieurs types de paresse : la paresse créatrice mais  aussi la paresse, expression d’un  mal-être pour certains, pour d'autres une fatigue morale ou physique ou encore un penchant maladif  pour la procrastination (remettre tout à demain).

 

En faire moins dans tout !

Parlons maintenant des vertus de la paresse et rassurons-nous un petit peu ! La paresse, c'est en faire moins dans tout, c'est relâcher la pression, évacuer le stress, mettre de côté ce qui ne va pas pour se concentrer sur d'autres points. Comme le rêve, elle peut générer des envies, des interrogations et du plaisir. Le tout est de transformer cette paresse en force, d'en puiser le maximum pour avancer dans la vie et lui donner un sens constamment en éveil. Vous le verrez, en planifiant moins les choses, on prend du recul, et ce recul est indispensable pour le bien-être personnel. On voit les choses différemment, on a l'impression que tout ralentit et que l'on reprend petit à petit le contrôle de sa vie. On prend le temps de s’interroger, de remettre les choses à plat, on reconnait les points négatifs, mais aussi le positif et on peut en tirer des conclusions. On voit la vie d’un nouvel oeil. Parfois, cela peut déclencher LA décision de votre vie.

 

Vaincre ses démons

La paresse peut aussi permettre de vaincre ses vieux démons. Par exemple, une personne qui se plaint tout le temps (on connaît tous cette voisine pour qui la bouteille est toujours à moitié vide !). Si elle  paresse, elle aura moins ce besoin constant de s'apitoyer sur son sort et de se faire plaindre.. Elle ronchonnera intérieurement et fera le vide dans sa tête et grâce à cela elle pourra faire la part des choses dans son esprit. Si chacun s'accordait plus de temps pour paresser, le monde tournerait probablement d'une manière un petit peu différente. On ferait davantage le tri entre les vrais problèmes et ceux qui ne méritent pas l'intérêt qu’on leur porte.

Accordez-vous du temps, dégagez-vous des moments d'oisiveté, méditez donc ! Vous verrez, les choses apparaissent nettement plus claires après, on relativise, on trouve des solutions aux problèmes lancinants . On arrive à être plus dans la réalité des choses.

 

Que vous insprire ce sujet ?  Etes-vous un ou une adepte de la paresse ?

 

Photo © Adobe – Auteur : Daniel Rodriguez

 

 

Betty_Nelly, 30.04.2020

Squatina
2 | 02.05.2020 10:42

La paresse intellectuelle m'inquiète, sinon, ne rien faire équivaut à recharger ses batteries et çà fait du bien d'être en mode "veille" parfois !
Bon farniente à tous !

Alysse22
2 | 01.05.2020 16:30

Qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de nous !
Alors là oui nous pouvons pleinement profiter de la paresse luxe d'une liberté absolue quand tout le monde s'agite et cours après le temps pour ne plus le maîtriser et devenir l'esclave des secondes, minutes , heures qui passent à fond de train car nous ne savons plus où donner de la tête et délice suprême nous prenons enfin le temps de nous allonger dans un hamac imaginaire ou réel pour se laisser glisser dans l'extase de ne plus rien faire!! Mais là il ne s'agit pas de ce délice suprême mais plutôt un supplice, la privation de liberté , la privation du choix de la paresse comme un animal en cage qui n'a plus d'autre choix que de se laisser glisser dans l'indolence inquiète de nos corps prisonniers.....

AMELIE97
2 | 01.05.2020 05:43

Bonjour Betty-Nelly qui n'a rien d'une paresseuse, surtout en ce moment de confinement qui nous renvoie bien plus que d'habitude au club....
Ce sujet m'inspire tout ce qu'on en dit de bien puisqu'il faut bien positiver pour se dire qu'un jour on va sortir de la paresse. Méditer, prier n'appartiennent pas du tout au registre de la paresse mais de la sagesse, je le dis en passant, car j'ai vu se glisser le mot méditer dans votre éloge de la paresse. Personnellement , le confinement m'a plongée dans une sorte d'hibernation douloureuse et réfractaire à l'effort et je trouve que c'est une bien mauvaise pente à mon âge. Je pense que nos amis allemands ont été plus intelligents (comme d'habitude, d'ailleurs) en étant plus souples et surtout en n'adoptant pas la même comptabilité des décès, les ehpadiens et grabataires ou en âge de le devenir ne venant pas alourdir bêtement le nombre de victimes et d'occupants inutilement en réanimation respiratoire . Ainsi notre paresse létale de vieux est-elle utile à la vie de ceux qui doivent travailler ... Ici à la Réunion, notre confinement a été d'une imbécilité certaine par obéissance aux lois qui nous régissent à 9500 km (et pas 5000 et quelques comme c'est dit dans mon profil, erreur que des clubistes mont déjà fait remarquer). Par contre notre repli en autarcie nous a été bénéfique et est bénéfique aux autres aussi car nous avons nous aussi nos propres virus que nous devrions nous garder paresseusement et humanitairement. Le sujet m'inspire donc de la colère (pas du tout contre son auteure dont je comprends très bien la motivation) , chacun son tempérament.

carole80
4 | 30.04.2020 18:45

"Etes-vous un ou une adepte de la paresse ?




Oui ....et je suis trop paresseuse pour développer . :)

Mercurio
3 | 30.04.2020 18:24

Ah, Betty Nelly, la grâce scripturale vous a de nouveau visité ...

La paresse, c'est brillant, apparaît comme la trouvaille absolue et ce dès les premiers hommes, que dis-je, dès les premiers hominidés (y compris Lucy).

( Il n'est pas sûr que les procaryotes, ces microorganismes unicellulaire vivants il y a 3,8 milliards d'années, ne se soient pas laissés tenter par une petite sieste, de temps en temps …)


Et puis, tout au long de l'histoire humaine, des individus, des associations religieuses ou rationalistes, ont toujours appréciés le besoin d'inactivité face aux fous du travail forcené (Taylor, Stakhanov)

Jusqu'à Éloge de la paresse, d' Eugène Marsan (1926), œuvre salutaire !

Qui fut précédée, ô joie indicible, par «  Le droit à la paresse" :
Le manifeste social sur l’apologie de l'oisiveté de Paul Lafargue (notre guide !).

Mon pauvre Paul, ton petit livre militant entraîna une suspicion d'antagonisme prononcé et une brouille carabinée avec ton beau-papa, Karl Marx, le chantre du « Tous au boulot ! »




Ce à quoi, il fut répondu plus tard, par  « Salvador » Henri (le bien heureux) :

« Le travail c'est la santé
Rien faire c'est la conserver
Les prisonniers du boulot
N'font pas de vieux os. »

Pourtant, « Salvador » Henri était aussi un adepte de Marx, mais Groucho !