Ces métiers cultes qui disparaissent

Ces métiers cultes qui disparaissent

10 | 3602 Consultations

« Nouveaux temps, nouvelles mœurs » dit l’adage. Alors que de nouveaux métiers apparaissent, d’autres, depuis des décennies, ont disparu ou tendent à disparaitre, tel le beau métier de cordonnier. Les progrès techniques et l’amélioration de la productivité ont bouleversé notre vie mais également celle de certains métiers.  Nous évoquerons tout particulièrement dans cet article le métier de cordonnier, aborderons la disparition totale et l’avenir hypothétique de certains métiers, ainsi que les métiers artisanaux traditionnels encore présents dans des pays en développement comme le Maroc.

 

Le métier de cordonnier

Le mot « cordonnier » vient de « cordouinier », de l’ancien français « cordoan » c'est-à-dire « cuir de Cordoue », en référence à la ville espagnole dont le cuir était très réputé. Ce sont les Maures qui occupaient alors le territoire, qui y apportèrent leur savoir-faire, du Maroc en particulier. Jadis, les cordonniers étaient considérés réellement comme des artistes ! A l’époque de Louis XIV et XV, les souliers portés à la Cour de France étaient de véritables chefs-d’œuvre. Louis XIV honorait le mérite de la corporation des cordonniers dans la personne du Sieur Lestage, établi à Bordeaux à l’enseigne du Loup botté, et il nomma d’ailleurs ce dernier cordonnier royal. Au XVIII et XIXe, c’était la botte qui, élégamment arborée par Napoléon 1er, triomphait. Avec le temps, la botte s’est s’assouplie et a diminué en proportion. Sous le second Empire, la bottine pris le dessus ; en cuir ou en tissu, ornée de broderies ou de galons et avec des talons. Être cordonnier, à cette époque, c’était non seulement réparer les chaussures, mais aussi fabriquer des souliers neufs, souvent dans une échoppe très étroite. La fabrication industrielle des chaussures au XXe siècle a entrainé peu à peu la disparition du métier de cordonnier.

 

Métiers révolus ou en voie de disparition

Gainsbourg avait rendu hommage au métier de poinçonneur dans une chanson, dont voici un extrait :  « J’suis l’poinçonneur des Lilas, le gars qu’on croise mais qu’on n’regarde pas ». Le poinçonneur avait pour tâche de vérifier que les usagers possédaient le bon titre de transport, et de le composter avec un poinçon. Le métier a été remplacé par le composteur automatique. Très courant au XIXe siècle, l’allumeur de réverbères s’arrêtait à chaque réverbère pour éclairer une à une leurs chandelles. Ce métier a disparu avec l’apparition de l’éclairage électrique. La blanchisseuse ou « lavandière » lavait les vêtements, à la main au battoir et en lavoir. Les lavoirs ne sont désormais plus que des symboles du passé et des curiosités touristiques. Souvent symbole de pauvreté et de conditions de travail déplorables, le travail de mineur a, dans nos sociétés occidentales, heureusement disparu. L’opérateur d’ascenseur avait pour charge de choisir l’étage du passager, d’ouvrir et fermer la porte et de s’assurer de la sécurité de tous. Rechercher les sources d’informations diverses à la bibliothèque dans une école n’est plus qu’un souvenir puisque ces sources sont désormais accessibles directement sur Internet. Les agences de voyages sont déjà largement concurrencées par les sites de réservation en ligne et tendent, elles aussi, à décliner. Et le métier de facteur, est-il lui aussi menacé de disparition ? : pratiquement plus d’envois de cartes postales, paiement des impôts et factures diverses effectué en ligne ; Internet a également bouleversé notre rapport au papier et freiné la charge de distribution du courrier. Qu’en est-il des chauffeurs de taxi ? Seront-ils remplacés dans le futur par des voitures automatiques, sans conducteur ?.

 

Métiers traditionnels subsistants au Maroc

De nos jours, les usines qui fabriquent les chaussures laissent aujourd’hui peu de chance aux petits artisans. De surcroît, les chaussures d’aujourd’hui sont généralement jetées plutôt que réparées, dès qu’elles deviennent usées.  Ainsi devenir cordonnier dans un pays riche est plus un devoir et un héritage familial à protéger, qu’un choix personnel. Les personnes âgées sont, la plupart du temps, les seules à connaître toujours l’adresse du cordonnier…Dans les pays en voie de développement comme le Maroc, l’importance que revêt ce métier est proportionnelle à la place qu’il occupe sur le plan touristique. Le cuir marocain est en effet réputé, depuis des siècles, à travers le monde. C’est, d’ailleurs, au XIVème siècle que l’on commence à entendre parler du « maroquin », mot qui désigne le cuir de chèvre et de mouton, provenant du Maroc. Le travail de tanneur est une pratique traditionnelle exercée dans de nombreuses villes marocaines comme Fès, Marrakech, Meknès, Rabat et Tanger. Différentes peaux sont travaillées dans les tanneries : mouton, chèvre, et même dromadaire ! Il est possible de visiter la tannerie de Marrakech, mais la plus colorée et impressionnante est celle de Fès.  Attention en arrivant, on vous donne un « masque à gaz berbère », soit un bouquet de menthe à vous mettre sous le nez en raison des odeurs nauséabondes.  On y découvre dans quelles conditions les tanneurs exercent leur métier, un travail très physique et pénible, mais que le roi Mohammed VI tient à sauvegarder en vue de pérenniser des métiers traditionnels. Les métiers de l’artisanat marocain reflètent la richesse culturelle : dinanderie, poterie, ferronnerie, vanneries, etc. existent encore.  

 

Que vous inspire cet article ?  Quel type de métier aujourd’hui révolu avez-vous connu ? Y en a t’il certains que vous regrettez ? que vous avez exercés ? Faites-vous réparer vos chaussures chez un cordonnier ou bien en achetez-vous plutôt des neuves ? Merci pour vos témoignages.

 

Photo © Adobe – Auteur : Heike Jestram

 

Betty_Nelly, 22.07.2020