Eloge du sommeil

Eloge du sommeil

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Plus d’un tiers des français déclaraient en 2016 souffrir de troubles du sommeil et une étude récente a montré qu’ils dormaient en moyenne moins de 7h par nuit. Nos modes de vie contemporains ont une incidence directe sur le temps et la qualité de notre sommeil. Ils respectent de moins en moins notre biorythme et nous sommes, pour reprendre l’expression du chronobiologiste Till Roenneberg, souvent socialement  « jet-lagés ». Or, le sommeil est d’or. Il est fondamental à notre bien-être et reste le garant d’une bonne santé, voire de notre longévité. Pourquoi s’est-il autant dégradé au cours des dernières décennies ? Comment les troubles du sommeil se manifestent-ils et quelles en sont les causes principales ? Dans ce marché très lucratif du « bien dormir », quelles solutions semblent avoir fait leurs preuves ? A l’approche de la journée du sommeil le 13 mars prochain, il nous semblait intéressant de partager avec vous quelques réflexions sur ce thème.

 

Un sommeil de plus en plus malmené

Notre société a tendance à dénigrer le sommeil. Ce qui prime avant tout c’est d’être ultra-performant, de concilier brillamment vie de famille, loisirs et réussite professionnelle, ce qui laisse de moins en moins de place au repos. Il n’est pas rare d’entendre des personnalités, politiques notamment, se vanter de ne dormir que 4 heures par nuit. S’il y a bien des petits dormeurs, les spécialistes s’accordent à dire qu’un minimum de 7 heures en semaine et 8 heures le week-end de sommeil de qualité sont indispensables pour rester en bonne santé. Or, d’après une récente étude de Santé publique France, les français dormiraient en moyenne 6,34 heures par nuit, soit 90 minutes de moins que dans les années 60. Cela paraît peu, mais semble toutefois s’avérer suffisant lorsque le sommeil est de qualité. Mais justement, un tiers de la population déclare souffrir de troubles du sommeil...

 

Nos modes de vie en cause 

Les causes d’une mauvaise qualité de sommeil peuvent être liées à des problèmes d’ordre physiologiques : les plus fréquentes sont l’apnée du sommeil, caractérisée par des arrêts respiratoires dus au relâchement des muscles du pharynx ou le syndrome des jambes sans repos. Mais s’il on dort aujourd’hui si peu et si mal, c’est en grande partie à cause d’un usage exagéré des nouvelles technologies. Si le monde digital est un formidable outil qui nous fait gagner de précieuses heures dans nos tâches quotidiennes, il nous pousse à être en permanence joignable et induit de pouvoir se remettre au travail le soir. La frontière entre vie familiale et professionnelle est ainsi devenue poreuse. D’autre part, la lumière bleue des écrans nuit à l’endormissement : elle bloque la production de mélatonine, l’hormone de l’endormissement. 44% des français déclarent utiliser leur ordinateur, tablette ou Smartphone au lit avant de se coucher. Enfin, les réseaux sociaux et autres canaux de communication nous saturent d’informations qui empêchent notre cerveau de déconnecter. Par ailleurs le stress du quotidien ainsi qu’un marché du travail toujours plus concurrentiel favorisent le burnout, la dépression, etc.  Ces troubles se manifestent alors soit par un endormissement tardif, soit par des réveils nocturnes répétés ou encore par des réveils trop tôt le matin. Ces insomnies peuvent être passagères ou durer dans le temps. En plus des dommages sociaux - agressivité, irritabilité et même déprime -  et cognitifs  - baisse de la mémorisation, concentration et vigilance -, on note, à terme, le risque de développer des maladies chroniques comme le diabète de type II, de l’hypertension ou des dérèglements métaboliques comme l’obésité.

 

Des solutions personnalisables

Il est aujourd’hui fortement déconseillé par une majorité de spécialistes de consommer des somnifères sur le long terme et il existe des alternatives plus douces satisfaisantes. Tout dépend évidemment du degré et du type d’insomnie mais voici quelques pistes intéressantes : la première mesure préconisée par l’Institut Sommeil Vigilance est de « pratiquer un couvre-feu digital » au moins une heure avant l’heure du coucher et pendant toute la nuit et de remplacer les écrans par un bon livre. Certaines plantes comme la passiflore et la valériane garantissent des nuits paisibles. La mélatonine est aujourd’hui recommandée par les spécialistes, notamment chez les plus de 55 ans car cette hormone favorisant l’endormissement a tendance à diminuer avec l’âge. Les thérapies comportementales et cognitives appliquées au sommeil connaissent un succès grandissant. Axées sur une meilleure compréhension des mécanismes du sommeil et un travail sur ses émotions, elles peuvent sous certaines conditions être remboursées par la sécurité sociale ou les mutuelles. Dans la même veine, la méditation de pleine conscience est un précieux allié. Enfin, la « couverture lestée »  est un outil sensoriel intéressant qui a fait ses preuves. Composée de fibres naturelles et de microbilles de verre, elle doit représenter environ 10% du poids de son utilisateur pour être efficace. En exerçant des pressions profondes, elle contribue à réduire l’anxiété et procure une sensation de bien-être.

En parallèle de ces conseils, nous ne pouvons que vous recommander, afin de tomber rapidement dans les bras de Morphée, de fantasmer sur vos prochaines rencontres rendues possibles grâce au Club-50Plus !

 

Quelle importance accordez-vous à la qualité de votre sommeil ? Si vous souffrez de troubles du sommeil, avez-vous des astuces à nous faire partager ? Vos témoignages sont les bienvenus !

 

Photo © Adobe – Auteur : Peter_qn

charlotte4575, 13.02.2020