La vie sans enfant

La vie sans enfant

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Ne pas avoir d’enfant est-il synonyme d’une vie plus épanouissante ? Quelles raisons donnent ces couples libres et accomplis à leur choix ? Positivement égoïstes et à contre-courant de la norme du « faire famille », ces personnes assument leur choix de vie qu’elles considèrent délibérément positif et serein. Comment mieux comprendre leur décision ? Que penser du mouvement « no kid » ? Nous tenterons de répondre, à travers cet article, à ces interrogations.

 

Un choix de vie pleinement assumé

La vie est une succession d’expériences. La maternité en fait partie. Mais tout autre projet exaltant peut permettre l’épanouissement de chacun. Le modèle de la famille-type n’est pas une fin en soi, mais le rejeter est alors souvent considéré comme un choix contraire à la norme. Les personnes ayant choisi de ne pas avoir d’enfant n’aiment justement pas sentir le poids des normes qui obligent à penser selon des critères imposés. Elles ne veulent pas regretter de n’avoir pu mener à terme des projets importants à cause du jugement d’un entourage familial ou sociétal. Ces femmes et ces hommes revendiquent une certaine liberté de pensée, sans culpabilité et crient haut et fort que le bonheur est possible sans enfant. Outre ce choix délibéré et assumé, le fait de renoncer à sa descendance, à ses héritiers n’est pas sans conséquences. Prenons l’exemple d’un fils unique, qui est le seul espoir de la famille de transmettre son nom à la génération suivante, que cette lignée finira avec lui s’il n’a pas d'enfant, cela engendrera forcément des déceptions autour de lui. Pour les grands-parents, la joyeuse perspective de tenir des petits-enfants un jour dans leurs bras s’écroule. Enfin, en l’absence de descendance, il importe de préparer la transmission de son patrimoine afin d’éviter d’éventuels conflits qui pourraient naître au sein de la famille élargie…

 

Comprendre ce choix

Peut-on réaliser pleinement sa féminité sans avoir d’enfant ? Comment comprendre ces femmes qui préfèrent se consacrer à leur carrière, qui sont dégoûtées par la maternité, ou qui se contentent des enfants de leur conjoint ? Les réactions de la société fluctuent encore, entre jugement et incompréhension. Selon Catherine Bergeret-Amselek, psychanalyste, « On peut donc réaliser sa féminité sans enfant, on devient alors une bonne mère pour soi, en transformant, par exemple, son désir d’enfant en créativité ». Isabelle Tilmant, auteur du livre Epanouie avec ou sans enfant  explique que « le désir d'enfant, tout comme le non-désir d'enfant, c'est quelque chose d'égoïste. Le désir, c'est un rêve pour ce qui nous rend heureux, y compris d'avoir ou pas des enfants. L'engagement de parentalité, c'est un engagement de 24h sur 24, pour toute la vie. Ne pas avoir d'enfant est un engagement aussi de sa vie, dans autre chose, à déterminer, à créer. ». D’après les études de ces psychologues, les femmes ayant choisi de ne pas avoir d’enfant n'auraient pas eu de pulsion physique, d'instinct de maternité. Elles auraient toutes un énorme besoin de liberté intérieure, d'être soi-même et une grande crainte d'être embarquées dans une aventure qu’elles ne seraient pas capables d'assumer et ne verraient pas comment sauvegarder leur individualité en tant que femme, en devenant mère.

 

Mouvements « no kid », « childfree » et femmes « Gink »

Sans enfant par choix (en anglais : childfree) est un terme utilisé pour décrire les personnes qui choisissent de ne pas avoir d’enfant. Ce mouvement, né aux États-Unis dans les années 1970, le « no kid » est de plus en plus présent dans notre société, notamment avec des sites de rencontres destinés aux personnes ne désirant pas d'enfant. Mais cela ne s'arrête pas là, des chambres d'hôtes, des hôtels ou encore des restaurants refusent de recevoir des enfants car trop bruyants ! Dans son livre No kid!, Corinne Maier s'attaque à l'un des tabous les plus intouchables de notre société : l'enfant. Paru en 2007, l'auteur dégaine quarante bonnes raisons de ne pas succomber à la tentation de l'enfantement. Ce livre permet ainsi de se plonger dans ce monde des « no kid » et de comprendre un peu plus ce qui peut pousser certaines femmes à rejeter la maternité. Pour elle il est nécessaire dans notre société d'entrevoir un autre choix possible et que cela s'appelle tout simplement de l'ouverture d'esprit. Enfin, connaissez-vous le groupe de femmes nommé « GINK » ou « Green Inclination, No Kids » ?  Ces dernières sont convaincues que la surpopulation de la planète a un effet considérable sur le réchauffement climatique et sont prêtes à renoncer à la maternité pour sauver l’environnement…

 

Que vous inspire ce sujet ? Certains d’entre vous sont-ils concernés ? Si oui pouvez-vous nous expliquer les raisons de votre choix ? Vos témoignages nous intéressent !

 

 

Photo © Fotolia – Auteur : Andrey Popov

Betty_Nelly, 21.03.2019