Solitude, la subir ou la choisir

Solitude, la subir ou la choisir

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Comme je pense que c'est un sujet qui nous intéressent tous, voici une série d'articles autour du thème "Solitude, la subir ou la choisir", extraits de "Psychologie Magazine".

La solitude refuge

« Comme beaucoup de monde, j'ai commencé par vivre en couple, raconte Danièle, 50 ans. Cela a duré six ans. En 1980, je me suis retrouvée seule, et cela n'a pas changé depuis. J'ai vécu d'autres belles histoires, mais toujours "chacun chez soi", entrecoupées de périodes de célibat. La solitude n'a jamais été une souffrance pour moi puisque, succédant à des ruptures inévitablement douloureuses, elle était un apaisement, un repli vital. »

La solitude peut même être un soulagement, comme pour Elsa, 38 ans, qui apprend à vivre seule après deux ans de bataille dans un divorce douloureux : « J'aspirais tellement à sortir de ces incessants conflits que je savoure ma solitude. Bien sûr, elle est peuplée, puisque j'ai deux jeunes enfants ; elle est parfois angoissante parce que je dois brutalement faire face, seule, à des soucis matériels et pratiques. Mais que l'on ne me parle pas d'un homme dans ma vie. Cela viendra sans doute un jour, mais, pour l'instant, je suis dans le rejet. »

Vécue comme le deuil à faire d'une histoire d'amour, la solitude des "désaimées" est souvent douloureuse. Lorsque, après trente-cinq ans de mariage, son mari est parti avec une femme plus jeune qu'elle, Jeanne, 62 ans, s'est écroulée : « Dans les six mois, j'ai déclaré un cancer du sein. Mon chirurgien m'a expliqué combien ce type de cancer pouvait être consécutif à un choc émotionnel violent. J'ai décidé qu'après m'avoir blessée, mon mari ne me tuerait pas. J'ai le souvenir de mois terribles où j'ai réalisé que je n'avais vécu que pour lui et nos enfants. A près de 60 ans, il me fallait découvrir la solitude et l'apprivoiser. Aujourd'hui, je la savoure comme une sécurité : je ne m'inquiète plus des réactions de l'autre, je ne suis plus dans l'attente, je ne rends de comptes à personne. Pour une femme de mon âge, apprendre à vivre seule, c'est une renaissance et une rééducation en même temps. »

 

La semaine prochaine vous lirez "La solitude plaisir"

isabelle

Betty_Nelly, 04.07.2013