Vers la fin des échanges épistolaires d’antan ?

Vers la fin des échanges épistolaires d’antan ?

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En faisant récemment du rangement, je suis tombée sur une boîte remplie de lettres manuscrites et de cartes diverses : des lettres d’amoureux, d’ami(es), de ma grand-mère, des poèmes, des cartes postales etc. Un sentiment de nostalgie s’est alors emparé de moi ! Car effectivement  l’époque des correspondances manuscrites semble aujourd’hui faire partie d’un passé lointain. L´époque où les gens prenaient vraiment le temps d’écrire est-elle révolue ? Les lettres et cartes postales désuètes?  Retrouveront-elles un jour leur heure de gloire ? Ou bien les nouveaux modes de communication les ont-elles définitivement rendues obsolètes ? Nous allons tenter de trouver des réponses dans cet article.

                                                       

Lettres sur papier et cartes postales en déclin

Comme on peut s’y attendre, le volume du courrier en France continue de baisser. Les particuliers, les entreprises et les administrations communiquent de plus en plus par le biais d’Internet. Tout comme la lettre en papier, la carte postale connaît un déclin allant crescendo depuis plusieurs décennies. Grâce (ou à cause ?) des nouvelles technologies de l’information et de la communication, la mode d'envoyer une carte postale à ses proches pendant les vacances semble passée... Les gens préfèrent envoyer un SMS pour dire qu'ils sont bien arrivés, une photo via WhatsApp ou sur les réseaux sociaux. Bien-sûr, il importe de vivre avec son temps et ses évolutions, mais n’est-ce pas dommage de voir l’écriture manuscrite disparaitre au profit de messages virtuels, souvent dépourvus de charme ? L’apparition de la carte postale virtuelle, appelée aussi cybercarte, a-t-elle porté, en quelque sorte, le coup de grâce à son «ancêtre» (au grand dam des cartophiles) ?. Comment remettre au goût du jour un support de communication semblant condamné et considéré par la majorité des jeunes comme ringard ? Ne serait-ce pas un enrichissement de l’esprit de réveiller leur talent créatif et susciter leur plaisir d’écrire ?

 

Plaisir d’écrire, charme du papier, créativité

« Les SMS n’ont pas d’âme, c’est un mode de communication qui ne laisse pas de place à la magie des mots »…  Je regrette cette période où les hommes m´écrivaient volontiers des lettres et se donnaient la peine de ME consacrer de leur temps. J’insiste ici sur la notion de temps. Effectivement, cela demandait du temps d’aller acheter des feuilles de papier à lettres, parfois du joli papier avec des motifs, des couleurs, une texture particulière selon la sensation recherchée et accompagnées de jolies enveloppes.  Puis il fallait acheter des timbres, de collection si possible, réfléchir et écrire des textes plus ou moins longs (parfois après plusieurs tentatives ;-).  Les plus créatifs parfumaient leurs lettres, y glissaient une fleur etc. avant d’aller les poster. Évidemment, cela demandait du temps et de l´investissement, aussi bien financier que personnel. Mais quel plaisir c’était de recevoir une lettre personnalisée, signée, remplie d’émotion, d’imaginaire et d’investissement par la pensée. La correspondance par mail ou sms ne se situe-t-elle pas à des années-lumière de la correspondance manuscrite, où la graphie révélait en plus des traits caractéristiques de notre personnalité ?

 

La lettre d’amour sur papier est-elle ringarde ?

Les nouveaux modes de communication ont considérablement changé nos rapports amoureux. Rapidité et simplicité font florès aux dépens d’échanges personnalisés débordant de charme, de fantaisie et de romantisme. Écrire à la main, avec un stylo, est bien plus intense que de taper à l’ordinateur. Le bras n’est-il pas le prolongement du cœur, et la main la traductrice de l’âme ? Écrire, n’est-ce pas coucher sur papier ce que l’on a tout au fond de soi ? Se concentrer et s’appliquer pour ne pas faire de ratures et un minimum de fautes, prendre le temps pour dire les choses en les couchant sur papier, glisser la feuille de papier avec délicatesse dans une enveloppe, parfois fermée d’un sceau de cire, d’un joli ruban, d’autocollants, de paillettes ou de dessins, puis attendre fébrilement l’arrivée du facteur et s’isoler dans une pièce pour ouvrir une enveloppe adressée rien qu’à nous (quelquefois en sachant qu’elle avait parcouru pendant plusieurs jours pas mal de kilomètres…). Puis garder une trace de ces mots (quel plaisir des années après de les relire), recevoir une odeur, une vraie signature, un dessin, et percevoir à travers l´écriture l’application qu’elle ou il avait mis à soigner sa lettre… quel ravissement !

 

La lettre sur papier vous fait-elle toujours « kiffer » ? Regrettez-vous de ne plus (ou très rarement) recevoir des lettres et cartes postales ? Avez-vous vous aussi arrêté d’écrire sur papier ou bien privilégiez-vous les échanges épistolaires ? Vos témoignages nous intéressent !

 

Photo © Adobe – Auteur : Barbara Pheby

Betty_Nelly, 19.09.2019

AMELIE97
2 | 20.09.2019 15:10

Vers la fin de la Poste, oui, vers la fin des échanges épistolaires, non. Les gens qui aiment écrire des lettres sont rares mais ils existent encore... Ceux, celles qui aiment recevoir des lettres sont encore nombreux. Il y a un moment où l'extrême maladie, l'extrême vieillesse, l'extrême réclusion ne permettent plus que l'arrivée de la lettre et sa réponse pour entretenir la chaleur humaine et quand l'un des deux faiblit au point de ne pouvoir plus tenir un stylo, faire la phrase qu'il pense, composer l'adresse, l'autre a alors le devoir de vie de continuer, non par lettre, mais alors par les moyens plus réduits en volume d'écriture et de lecture mais bien plus choisis dans l'art d'apporter la nouvelle de l'amitié ou de l'affection.
Ainsi la carte, la photo, et toute illustration est-elle bienvenue, attendue, collectée...
J'ai voulu, il y a deux ans faire le "tri" disons plus net l'élimination du courrier de plus de 50/55 années... au-delà, les lettres laissées chez ma mère avaient été détruites par elle. Et bien je n'y suis pas arrivée. J'ai bien au contraire, mis tout ce réceptacle de témoignages de vies dont certaines m'avaient échappées et me sont revenues d'un coup avec reproche de les avoir oubliées, dans des cartons, et de la maison de Dordogne, il est parti dans mon appartement de la Réunion où il est encore dans les mêmes cartons. Cependant, je les ai ouverts, car j'ai dû chercher justement la photo de la petite soeur décédée que me réclamait à cors et à cris ma grande soeur ; je ne l'ai point trouvée là ni ailleurs, mais j'ai encore fait un voyage surprenant dans le passé. Car, une nouvelle fois, je me suis dit, mais enfin, tu vas supprimer au moins les lettres de tes élèves, et me voici partie à les relire, et au fur et à mesure, je n'ai pu en supprimer aucune... mais bien pire, je n'ai pas su correctement remettre les lettres dans les bonnes enveloppes pour certaines... Alors, seules les enveloppes sont parties en fumée. Etait-ce bien que de m'alléger de si peu et de me faire une fois de plus autant de reproches qui ont duré des jours et des jours... Petits reproches, certes, mais
si répétés que j'ai fini par garder tous mes cartons de courrier ancien comme des objets sacrés.
Je dis souvent que écrire est ma seconde vie. Lorsque je le dis à des écrivains, ils sont toujours étonnés que je ne me lance point dans la production littéraire et ils écoutent ce que je veux dire ainsi. Donner et recevoir la vie par lettres est un don particulier, je le conçois, mais il doit demeurer tel. A aucun moment, cela ne peut devenir le substitut du médecin à l'écoute du dépressif. On peut appeler à l'aide en tant qu'épistolier occasionnel ou habituel, à aucun moment on n'a le droit d'entraîner l'autre dans sa ma maladie et dans son obsession de la mort qui l'approche.
Ce don m'est venu tôt et j'ai souffert tôt de ne pouvoir avoir la liberté d'écrire par lettres. Quand cette soif a pu s'étancher, et bien je gagnais mes timbres en faisant les rédactions, puis les dissertations des autres. Exercices fort utiles à tout point de vue... J'ai eu des correspondants d'un peu partout, des amies de plume d'ici et d'ailleurs... J'y ai acquis l'amour des différences entre les coutumes, les modes de pensée, les caractères physiques et les variétés géographiques...et historiques.
Je ne crois pas que je guérirai de cette maladie d'écrire. Je pense , au contraire que le jour où je ne pourrai plus le faire, et bien je serai, moi-même, près de la fin.

Candice34
2 | 20.09.2019 13:19

Bonjour Betty Nelly
Oui j' aime l' odeur du papier...J'aime le toucher ,le caresser... j'adore écrire..Je suis depuis 6 ans dans un atelier d écriture où j'écris sur un cahier...
Pas d'ordi ... Aussi loin que je me souvienne j' ai toujours aimé dessiné des chiffres et lettres sur du papier...... À chaque anniversaire et
fêtes de fin d'année , je laisse des messages d'amour à mes enfants et petits enfants. Important !
Toute ma carrière professionnelle s'est déroulée dans une imprimerie...Un monde féerique.... de l'écriture et de la publicité..
Merci de m'avoir lu.
Bonne journée!

astres58
1 | 20.09.2019 08:05

cela n a pas disparu mais cela à évoluer

les cartes de voeux ou autres sont virtuelles et gratuites , donc pour les familles nombreuses à contacter cela n est pas négligeable

quand aux cartes papier qui ne les a pas réçus trois mois aprés le retour ou l événement

en virtuel ce n est pas le cas

voilà

carole80
3 | 20.09.2019 03:34

Bonjour,

Demain j'irai à la FNAC . Je m’achèterai du beau papier . J'aimerais bien trouver du papier parfumé mais je ne sais pas où en trouver . Ce blog m'a donné envie décrire aux personnes que j'aime ce que j'ai à leur dire autrement que par mails ou par téléphone . J'ai vu sur Amiens un ensemble de correspondance qui me plaît beaucoup muni un tampon qui scelle la lettre avec ce qui ressemble à un sceau en cire .
Merci ....Je vais recommencer à envoyer des lettres .

biloum
6 | 19.09.2019 20:20

Sommes-nous déjà dans ce temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître? Possible ! Quel dommage, oui, d'avoir perdu ce goût de l'écriture et de l'attente . Nous nous sommes fondus dans cette génération de l'instanté. Nous voulons tout , et tout de suite. En même temps, nous n'avons pas eu trop le choix !
A quoi bon attendre le facteur : nos yeux sont rivés sur nos boîtes mail ou nos mobiles.

Je n'ai ni honte, ni scrupule à faire partie encore de ces derniers dinosaures........ou de passer pour un fossile ! J'aime , je kiffe trop mon bloc de papier (clairefontaine ☺) j'aime y faire glisser mon stylo waterman encre des mers du sud pointe moyenne, ☺ y écrire bon anniversaire, bonne année, tu me manques , je vous souhaite tout le bonheur du monde, recopier des poèmes, des citations..dessiner ... Bref ! Elle avait raison Liane Foly, si le facteur assure avec deux fois rien on peut aller très loin! Une lettre dans une boîte aux lettres , c'est plus que magique! C'est se décacheter au fur et à mesure........Dieu que l'attente peut être exquise parfois...........Comment être passé à côté de ça ???

Bonne soirée...........

Dokkaz
6 | 19.09.2019 18:55

Bonsoir Betty-Nelly,
Je suis d'accord avec Magbeth, j'adore écrire.
J'ai longtemps écrit à mes parents quand je n'avais pas le téléphone installé chez moi, ainsi qu'à mes amis, sans parler des échanges amoureux avant mon mariage. Plus tard, à mes petites filles qui me répondaient de loin en loin.
Aujourd'hui, il ne reste plus que les cartes d'anniversaire et c'est tellement dommage.

Magbeth
9 | 19.09.2019 18:31

Bonsoir,

J'adore écrire. Et cela depuis toute jeune ... Maintenant je ne fais plus de grandes lettres. Et je n'en reçois pas non plus. Je continue quand même d'envoyer mes cartes de voeux par la poste... Même si en retour je n'en reçois pas beaucoup. Je trouve cela dommage oui.
Avant on pouvait garder une lettre en souvenir . Et la relire autant de fois que l'envie nous en prenait . Le simple fait d'attendre une lettre ..de guetter le facteur ... c'était MAGique !!!